Catégorie : La guerre des juristes

La guerre des juristes

La faculté de droit de Paris dénonce la violation du droit des gens par l’Allemagne

Dès le début de la Grande Guerre, les professeurs de la faculté de droit de Paris ont dénoncé la « violation de tous les principes » du droit des gens par les Allemands, notamment l’atteinte portée à la neutralité de la Belgique qui était garantie par des traités auxquels avait souscrit la Prusse. Le chancelier Bethmann-Hollweg, « descendant d’un des professeurs de droit les plus connus de l’Allemagne » (Moritz Bethmann-Hollweg, un des disciples de Savigny) n’avait-il pas dit que « les traités ne sont que des chiffons de papier » ? Cette « parole impie » fut rappelée par le doyen Larnaude lors du discours prononcé devant ses collègues le 7 novembre 1914 la veille de la reprise des cours. Ce texte enflammé de patriotisme, qui nous est connu par les registres de lapour lire la suite…

La guerre des juristes

Des usages de la guerre dans la controverse publiciste

Les prises de position doctrinales des juristes sont directement impactées par le conflit. Une double relecture de la pensée juridique s’effectue : du fait de la guerre, par la redécouverte et la mise en avant de l’opposition radicale de la doctrine française et allemande du droit et de l’État, mais aussi par rapport à la guerre, selon une entreprise de labellisation et de dénégation de certains engagements théoriques qui peuvent être diabolisés à partir de leur parenté supposée avec la doctrine d’outre-Rhin. Les clivages sont dans ce cas réinterprétés en se servant des passions et de l’affectivité générées par le conflit. Si, sous le premier aspect, la doctrine juridique est donc clairement instrumentalisée au service de la victoire de la nation, sous le second, c’est aupour lire la suite…

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La propagande juridique et la Grande Guerre : l’exemple des Sciences juridiques et politiques de Ferdinand Larnaude (1915)

En 1915, l’exposition universelle quitte le Vieux Continent pour les États-Unis ; ce n’est pas une première, puisque Philadelphie, Chicago et Saint-Louis avaient déjà accueilli cet évènement auparavant. Tout juste remise du terrible séisme de 1906, c’est la ville de San Francisco qui est cette fois choisie pour recevoir les exposants des vingt-quatre pays participants ; entre mars et décembre 1915, elle accueillera environ dix-neuf millions de visiteurs. L’événement, comme toujours, est articulé autour d’un grand thème. Pour cette itération, c’est le canal de Panama, achevé et inauguré un an plus tôt, qui est à l’honneur : l’exposition est renommée « Panama-Pacific » pour l’occasion. En effet, ce canal, dont les titanesques travaux ont débuté en 1882, a permis une extension sans précédents du commerce maritime et participe au fortpour lire la suite…