Des mobilisations dans la guerre du droit

Les étudiants qui prennent place sur les bancs des facultés de droit à la rentrée universitaire 1914 ont appris quelques semaines plus tôt l’engagement du pays dans la guerre et l’annonce de la mobilisation générale. Les premières évocations du conflit dans les registres des assemblées et des conseils des facultés sont néanmoins quelque peu lacunaires et tardives (comme à Paris et à Toulouse). Les doyens veillent avant tout au bon fonctionnement de leur institution pour faire face aux circonstances. Institutions dans la Grande Guerre, les facultés de droit contribuent lourdement au conflit par les hommes envoyés au front. Elles prennent aussi leur part dans le combat des idées. Figures de proue de cet engagement, les doyens des facultés développent un discours mobilisateur devant leurs jeunes étudiants. Le droit est alors une arme dressée contre l’ennemi. Il est antinomie de la guerre. Loin d’être les seuls à porter le drapeau du droit français, les doyens s’inscrivent dans un environnement où la doctrine juridique traite également du conflit dans ses différentes dimensions et implications.